Cher.es vous,

Cette semaine, j’avais envie de vous parler d’un sujet qui me passionne et pour lequel je deviens (un peu) obsessionnelle dernièrement : le flow.

C’est de la bombe, bébé

Pour celles et ceux qui penseraient que le rap a eu raison de moi, que nenni: le flow est un état psychologique spécifique dans lequel vous vous sentez totalement immergée dans ce que vous faites.

Vous êtes au top de votre énergie psychique, vos cinq sens sont en alerte et vous arrivez à saturation cérébrale (112 bits). En bref, votre esprit est aussi clair que celui de Bradley Cooper dans Limitless, la prise de NZT en moins.

Personnellement, ça m’arrive principalement quand j’écris, quand je danse ou quand je fais du yoga. Mais je pense que j’ai vécu mes moments de flow les plus intenses lorsque, dans mes jeunes (et fougueuses) années, je faisais des compétitions de gymnastique artistique. Quand ma chorégraphie concordait parfaitement avec la musique, que mes mouvements étaient fluides et que je réussissais tout ce que je faisais. Ceux qui font (ont fait) du sport de compétition connaissent cette sensation exquise de ne plus toucher terre quand tout se passe parfaitement bien lors d’un événement important.

Pas d’inquiétude cependant, vous n’êtes pas obligé.e de gesticuler en justaucorps ou de faire du haut niveau pour pouvoir atteindre cet état tant convoité. Le flow est accessible à toutes et pour n’importe quelle activité, moyennant cependant plusieurs pré-requis :

Se challenger, mais pas trop

Comme le suggère Tina, il faut aller plus haut oui, mais trop non plus. Pour atteindre l’état de flow, vous devez atteindre le point d’équilibre entre votre objectif et votre aptitude. Donc vos ambitions doivent vous sembler difficiles mais réalisables.

Si votre objectif est trop challengeant, vous allez être dans l’effort et donc pas de flow possible.

Il y a deux ans, j’ai suivi un bootcamp de coding pour apprendre les bases du développement web. Etant totalement novice en la matière et malgré mon enthousiasme, j’ai terminé les premiers jours avec un mal de crâne considérable.

Mais après deux mois d’apprentissage, j’étais capable de construire ma propre application. Le code a de magique sa rétribution immédiate : chaque ligne me permettait d’ajouter une fonctionnalité ou d’améliorer le design de ma plateforme, que je voyais prendre forme lentement, mais sûrement. Quand je relevais les yeux de mon pc, il faisait nuit et j’avais été tellement absorbée par mes réflexions que j’en avais oublié de boire ou d’aller aux toilettes. Mes capacités étaient désormais à la hauteur de mon projet !

A l’inverse, si c’est trop facile, vous allez vous ennuyer rapidement et vous n’atteindrez jamais votre état optimal. Il faut que vous soyez active et que ça soit suffisamment stimulant : pas de flow possible en scrollant les réseaux sociaux ou en regardant Netflix. Même si ce temps vous est agréable, il s’agit d’un temps de distraction, rien d’autre. On n’atteint pas le tipping point en restant allongée, les doigts de pieds en éventail.

Le jeu avant l’enjeu

Votre but doit être clairement établi et vous devez pouvoir mesurer votre avancée concrète vers cet objectif. De manière détachée cependant, car si vous prenez les choses trop à coeur, tout est fini pour vous (maître). Etre focalisée sur une obligation de résultat va venir parasiter votre performance.

La pression de l’enjeu peut tuer le jeu, surtout si vous jouez pour ne pas perdre et non pour gagner.

C’est ce paradigme qui vous fera paniquer lors d’une prise de parole importante car vous serez plus préoccupée par le jugement de votre auditoire que par le message que vous souhaitez communiquer. Ou qui vous fera rater un pénalty dans un match éliminatoire de l’Euro puisque, avant de frapper, une petite voix vous glisse que vous avez été zéro pendant le match et que si vous ne marquez pas, vous allez vous faire lapider par une nation entière.

Fear & flow ne font pas bon ménage, Kylian pourra témoigner.

A l’inverse, le fait de mettre son attention uniquement sur le jeu, l’amusement, l’activité en elle-même permet d’être présente dans son corps et de vous propulser au sommet.

C’est d’ailleurs ce qui explique que des joueurs / athlètes retrouvent leur meilleur niveau après un passage à vide ou que des illustres inconnus gagnent des titres internationaux : en tant qu’outsiders, ils n’ont pas ou plus peur de l’échec. Ils sont juste là pour profiter et s’éclater. Carpe Diem, advienne que pourra.

Et c’est justement lorsqu’on se laisse porter par le flow, amplifié par un stress positif et contrôlé, qu’on est capable de gravir des montagnes.

Concentration maximum

Considérez votre intention comme la destination (le Sud de la France ☀️) et votre attention comme le moyen de transport vous permettant de vous y rendre (une Tesla 🚀). Vous ne pourrez pas atteindre un état optimal si vous êtes constamment coupé.e par des notifications ou les sollicitations de Pierre, Paul et Jacques (encore eux).

Essayez plutôt de créer l’espace nécessaire pour être pleinement concentrée, pouvoir vous oublier et vous consacrer uniquement à ce que vous êtes en train de faire.

Rien

D’autre

Ne

Doit

Exister.

C’est d’ailleurs pour ça que les activités extrêmes favorisent les moments de flow intenses. Quand une skieuse freestyle s’élance, si elle commence à se dire qu’elle a oublié d’acheter du jus de pamplemousse ou de rappeler sa mère, elle met littéralement sa vie en danger. Dans les sports extrêmes, la contrainte est radicale : soit vous êtes concentré.e, soit vous vous tuez.

Pour la faire courte, il faut s’appliquer à être dans le moment présent, de manière intentionnelle, et perdre conscience de soi-même. Laissez votre cerveau désactiver certaines de ses zones pour mieux pouvoir activer celles qui sont utiles à la seule réalisation de l’action.

Motivation 1️⃣ 🚞 🏜 (← ceci est une charade)

Toutes les études démontrent que les gains de bonheur apportés par des accomplissements sont faibles. Voyez donc ces succès extérieurs davantage comme des outils qu’un aboutissement.

J’écoutais récemment une interview de Cyrille Diabaté, qui racontait qu’après avoir gagné sa première ceinture de champion du monde (boxe thaï), il était choqué de l’absence de changement dans sa vie.

Voici en substance le détail de sa vie, quelques heures après sa victoire :

Il sort avec des amis pour célébrer dignement son titre, puis rentre chez lui au petit matin. Il se déshabille pour se remettre en short et porter fièrement sa ceinture. Il s’admire et fait le beau devant le miroir, puis la retire et la dépose sur son étagère et part se coucher. Le lendemain matin au réveil, il s’étonne d’être exactement le même que la veille. La première question qui lui vient à l’esprit :
« Qu’est-ce que je fais maintenant ? »
Une seule réponse lui semblait acceptable :  » Il me faut un autre titre ! »

En me relisant, je réalise que cet article est truffé de métaphores sportives 🏃, mais ça marche aussi avec la musique, l’art et même les tableaux Excels (pour certain.es).

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, on ne trouve pas le bonheur à farnienter sur la plage d’une île paradisiaque. Il se peut que ce soit votre rêve du moment si vous êtes fatigué.e, mais je vous assure que ce ne peut pas représenter la plénitude à long terme.

On s’approche du bonheur justement dans ces périodes intenses, durant lesquelles on a la sensation qu’on se challenge, qu’on progresse, qu’on réussit et qu’on devient une meilleure version de nous-mêmes (bien que ce terme soit désormais galvaudé par les influenceuses fitness, c’est vraiment l’idée).

C’est pour ça que beaucoup d’entrepreneur.es se relancent dans une aventure business même après avoir très bien vendu, que les sportifs s’arrêtent rarement après avoir gagné un titre ou que les meilleurs artistes sortent albums après albums.

Pour résumer : concentre-toi sur le process et multiplie ces moments hors du temps pendant lesquels tu te sens stimulé.e mais performant.e, à ta place. Surtout, lâche prise sur les conséquences, ce n’est pas l’important.

Détache-toi des résultats potentiels et tu verras, tout se passera bien.

“Get in the flow, the rest will follow” 🌈

Aloïs

P.S : vous avez trouvé la charade ?