Cher.es vous,

Cette semaine, on parle de Kendrick Lamar et d’Harry Potter. Bienvenue dans mon monde !

Parler ou se taire?

En parallèle du coaching, j’ai plusieurs projets en tête et je me posais la question s’il fallait que j’en parle ouvertement ou si au contraire, il était préférable que j’avance en sous-marin sans en informer ne serait-ce que mon mari. Deux écoles s’affrontent : ceux qui affirment qu’il faut absolument que vous parliez de vos idées puisque vous pourrez ainsi les confronter au monde réel, vous sentir engagé.e auprès des personnes à qui vous en faites part et donc, d’une manière ou d’une autre, vous créer des opportunités. Et à l’inverse, les autres, qui soutiennent qu’il vaut mieux d’abord préserver votre projet, lui faire enchainer les tractions et les shakers de prot'(éine) avant de pouvoir le jeter sur le ring de la vraie vie.

En l’occurence, je suis un peu tiraillée sur le sujet et je n’ai malheureusement pas le temps de vous livrer une dissertation habilement construite qui suivrait le plan tant détesté (sauf par les intellos assises aux premiers rangs 😇 ) de thèse, antithèse, synthèse. Je pense que c’est très lié au niveau de confiance en soi de chacun.e donc aujourd’hui, je vais juste vous présenter la première partie de ma réflexion qui est de considérer vos débuts comme un baby embryon dans ses premières semaines: ça ne ressemble pas à grand chose et c’est tellement fragile qu’on ne sait pas si ça va tenir.

Le pouvoir des mots

Comme vous n’avez besoin de personne pour vous auto-saboter, il est fortement recommandé de choisir avec soin les gens avec qui vous partagez vos projets. Car les attaques seront plus nombreuses que vous ne l’imaginez et se matérialiseront le plus souvent sous la forme de questions, du type « j’ai toujours pas compris, c’est quoi le but de la manoeuvre exactement ? » ou encore « mais il y a des gens intéressés par ton truc? »… La palme revenant quand même à cette phrase, la plus assassine de toutes, que tout.e entrepreneur.e a déjà entendu: « mais, attends, tu espères vraiment pouvoir en vivre un jour ?  »

Ces discussions peuvent sembler innocentes et même bien intentionnées au premier abord, mais elles sont en réalité insidieuses car elles viennent planter chez vous des petites graines de doute. Des mauvaises herbes. Qui transformeront votre esprit en jachère, si vous ne vous appliquez pas à les arracher une par une à la main.

J’ai récemment revu le 4x400m des françaises aux championnats d’Europe à Zürich en 2014. Quand Floria Gueï, la dernière relayeuse récupère le témoin, elle a tellement de retard sur la 3° que c’est sans espoir pour les commentateurs : « Ca va être dur, ça va être très dur (…) Il n’y aura pas de podium pour le 4×400 français parce que là on ne revient pas (…) alors qu’elle donne tout ce qu’elle a, mais malheureusement ça ne sera pas suffisant. »

Floria a réalisé l’un des plus beaux exploits du sport français en gagnant sur la ligne (je vous conseille de regarder le finish ici, frissons garantis). C’est LA remontada de l’athlétisme français. Des neuro-scientifiques se sont penchés sur son cas et tous affirment que si elle avait entendu les commentaires, elle n’aurait jamais gagné. Ils sont catégoriques, jamais sa performance n’aurait été possible. Jamais. Les fameuses graines du doute, vous dis-je !

Ne sous-estimez pas le pouvoir des mots. Qu’ils s’agissent de ceux des autres ou des vôtres d’ailleurs, parce que les mots façonnent ce que l’on pense et donc ce que l’on fait et donc ce que l’on est.

Cultivez votre Patronus

Quand ce type de conversation se profile, ma recommandation est d’employer les grands moyens et d’utiliser fissa un « Expecto Patronum ». Parce qu’à ce moment précis, si vous avez bien besoin de quelque chose, c’est de votre Patronus pour éloigner vos Détraqueurs.

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Définition « wiki Harry Potter » (pour les malheureux néophytes de ce monde) : Les Détraqueurs sont des créatures des ténèbres qui se nourrissent de la joie humaine, et provoquent par la même occasion du désespoir et de la tristesse sur quiconque se trouve à proximité. […] Ils sont aussi capables d’aspirer l’âme d’une personne, laissant leur victime dans un état végétatif irréversible.

On y est. En plein dans le mille. « Désespoir » et « état végétatif », deux symptômes qui apparaîtront au contact des semeurs de troubles. Si vous n’y prenez pas garde, ils viendront absorber – non pas votre âme, ce serait tout de même (un peu) exagéré mais – votre motivation, votre pourquoi et le sens que vous mettez dans ce projet pour lequel vous oeuvrez depuis des mois, voire des années.

B**** don’t kill my vibe

Ceci étant dit, vous me voyez venir avec mes talons de 12 (non, ça c’était avant les confinements 😝), je veux dire mes chaussons-chaussettes: comme le suggère Kendrick Lamar dans un de ses titres que j’adore, le mieux serait de supprimer ou au moins de réduire au minimum vos contacts avec ces personnes, surtout dans votre phase de lancement.

Alors, évidemment à nuancer selon le contexte : s’il s’agit d’un de vos très proches (BFF, parents ou votre cher.e et tendre) qui a sombré du côté obscur de la force, couper toute communication avec lui ou elle ne semble pas la meilleure des options… Par contre, vous pouvez lui annoncer clairement que vous préférez ne plus échanger sur le sujet pour le moment car votre projet est trop fragile pour résister à ses offensives. Point. Pas besoin de plus. Ne perdez pas votre temps à vous justifier auprès des « killers de vibes » car cela vous décharge de votre énergie, un de vos biens les plus précieux pour réaliser vos ambitions.

Eviter les inputs de tonton Michel

Ah et dernière chose, en communiquant sur votre projet, vous allez recevoir tout un tas de suggestions non sollicitées. Alors, si vous ne captez rien à la compta et que votre copine contrôleuse de gestion vous file deux-trois conseils, soit (et encore, ces gens ne savent pas toujours ce qu’ils font 😝). Mais quand c’est tonton Michel qui se lance dans des leçons d’influence digitale parce qu’il suit de près Nabilla, fuyez. Loin et vite.

La radicalité est la seule façon de pouvoir se démarquer, donc si vous commencez à prendre en compte l’avis de tout le monde, votre projet finira par plaire plus ou à moins à tous et donc vraiment, à personne. Encore et toujours, faites simple et revenez à l’essentiel : les seuls ayant droit de vie ou de mort sur ce que vous faîtes sont vos (futurs) clients. Eux, écoutez-les consciencieusement, et pour le reste, oubliez.

Vous savez. Et si vous ne savez pas, faites vite et mal comme ça vous saurez pour la prochaine fois. Et surtout, suivez les conseils de Kendrick : ne laissez personne anéantir vos good vibes.

Let’s feel good 💛

Aloïs