Cher.es vous,

Vous avez été plusieurs à me questionner sur un comportement qui peut nous conduire très facilement à l’auto-détestation. Ce dossier qu’on laisse traîner pendant des jours et pour lequel on commence à s’affoler la veille à 21h, ces projets qu’on repousse et qu’on ne fait jamais, ces rendez-vous non pris qu’on devrait provoquer, ce job qui ne nous plaît plus vraiment mais dans lequel on reste des années… Oui, c’est bien elle !

La procrastination se matérialise sous différentes formes. Elle peut se révéler fort utile à court terme, mais dans la durée, cette tendance à tout remettre à plus tard est épuisante : notre charge mentale s’alourdit encore davantage et nous subissons des pics de stress à répétition alliés à la culpabilité amère de ne pas avoir fait ce qu’on aurait dû faire .

Il est vrai que nous ne sommes pas tous et toutes dotés du même sens de l’organisation: certain.es préparent leurs valises une semaine à l’avance, d’autres arrivent en retard à leur propre mariage (👋). Mais lorsque la procrastination devient chronique, elle est souvent révélatrice d’un problème plus profond. Cette semaine, je vous propose donc des pistes pour débusquer vos peurs qui se cachent derrière le “je le ferai plus tard”.

La procrastination n’est pas la flemme

Contrairement à ce qu’on pourrait croire : la procrastination n’est pas synonyme de flemme ou d’une mauvaise gestion du temps. Ce n’est pas non plus un défaut, ni une tare dont on devrait se débarrasser ou planquer aussi honteusement qu’un CD d’Ophélie Winter 👀.

Tim Urban, auteur du blog Wait but Why, explique parfaitement dans son Ted Talk – certainement l’un des plus drôles – les mécanismes subtils de la procrastination. Il souligne d’ailleurs que le process est vicieux parce que même lorsque vous repoussez à plus tard ce que vous devez faire en vous accordant un moment de détente, vous ne l’appréciez pas pleinement puisqu’il a un arrière-goût de stress, d’anxiété et de culpabilité.

Tim utilise le personnage du petit singe pour incarner la gratification immédiate qui prendrait le contrôle de nos (in)actions jusqu’à ce que le monstre Panique débarque pour nous secouer lorsque l’échéance se rapproche trop dangereusement.

Cependant, ce schéma s’applique uniquement aux tâches avec une deadline.

Le problème se pose donc pour tous les projets sans date-butoir: lancer une activité, se mettre au sport, accorder du temps à votre famille, s’impliquer dans une relation ou s’en extraire… Comment s’en sortir sans l’aide de Panic Monster ?

Prise de conscience

La première étape est de conscientiser précisément les tâches qui déclenchent la procrastination et de les classer parmi ces trois possibilités :

  • Vous n’aimez pas la tâche à réaliser. Par exemple, vos formalités administratives ou autre déclaration d’impôts.
    → Dans ce cas, je vous renvoie à la première partie sur les habitudes de mon article de la malédiction des gagnants au loto.
  • Vous n’êtes pas dans un état optimal physiquement ou mentalement. Si vous devez vous concentrer sur une tâche stratégique et que votre mari vient de vous annoncer qu’il divorce pour partir avec votre sœur au Costa Rica, vous allez potentiellement avoir envie de la remettre à plus tard.
    → Bon là, vous avez le droit à un joker.
  • Vous avez peur. Vous ne savez pas de quoi exactement, mais vous sentez que vous avez bel et bien une peur sous-jacente, tapie dans l’ombre.
    → voir ci-dessous 🙂

J’ai moi-même vécu l’option n°3 lorsque la liste des abonné.es à ma newsletter à commencer à grossir. La première édition avait été envoyée à mon cercle proche, j’avais donc un taux d’ouverture à 100% et des retours on fire (merci les amis 😘). Quand des premier(e)s inconnu(e)s se sont inscrit(e)s, mon inspiration s’est soudainement envolée et j’ai eu le besoin irrépressible de réorganiser tout mon dressing pendant le créneau normalement dédié à la rédaction de ce mail bimensuel.

Je me suis donc retrouvée en panique à pianoter comme une possédée sur mon clavier quelques heures avant l’échéance (c’est d’ailleurs pour ça que vous la recevez désormais à 20h et non plus à 18h 😅).

En réalité, j’étais simplement angoissée à l’idée que ça ne plaise pas alors que l’écriture est censée faire partie de mes « zones de génie ».

Même si vous agissez de manière irrationnelle, il y a toujours, absolument toujours, une raison pour que vous vous comportiez de la sorte. C’est d’ailleurs ce qui explique que vous restiez dans des situations très inconfortables, qui peuvent même, parfois, vous faire souffrir. Votre mental s’exaspère, mais votre subconscient lui, sait.

Chercher la source

A toutes celles qui ont envie de se précipiter sur Amazon (la Fnac c’est bien aussi ;)) pour commander en express le top 10 des livres de productivité, je vous arrête de suite. Pour en avoir lu beaucoup, ça ne fonctionnera pas si un grand nettoyage de printemps (ou d’automne) n’a pas été réalisé au préalable.

Je vous suggère plutôt de vous tourner vers la méthode des 5 pourquoi, inventée par un industriel japonais, qui permet l’identification de la cause profonde d’un dysfonctionnement. En posant plusieurs fois la question « Pourquoi ? » au problème, on retire une à une les couches de symptômes pour identifier les causes du problème.

Un des objectifs du coaching est justement de vous accompagner à débusquer les causes subconscientes des comportements qui vous desservent, en vous questionnant en profondeur.

A titre d’exemple, voici en avance rapide le contenu d’une session que j’ai pu avoir avec l’une de mes client.es la semaine dernière, sur une problématique qui concerne beaucoup d’entrepreneur.es qui se lancent :

Je procrastine car je n’arrive plus à m’organiser depuis un an.

Qu’est-ce qui a changé depuis un an ?

Avant j’allais physiquement au bureau. Là, non seulement je reste chez moi mais en plus, je me suis lancée en tant qu’indépendante donc c’est complètement différent. J’étais manager dans le commerce pendant des années et je n’ai jamais eu ce problème. Je pense que c’est depuis que je travaille pour moi, en fait.

En quoi c’est différent ?

Parce que je n’ai plus le cadre dont je bénéficiais auparavant, je n’ai plus personne au dessus de moi, à qui je dois rendre des comptes. Je pense que c’est ça le problème.

C’est-à-dire, c’est quoi le problème exactement ?

La seule personne que je dois satisfaire désormais est moi-même. Et sans doute que je me considère comme moins importante que pouvait l’être mon entreprise ou mon boss. Maintenant je travaille pour moi uniquement, il faudrait que j’aie plus d’estime pour moi-même. Peut-être que je m’auto-sabote parce que j’ai peur en fait.

Qu’est-ce qui te fait peur ?

Ça pourrait devenir grand, je pourrais réussir.

Nous sommes donc passées de « je procrastine car je suis désorganisée » à « j’ai peur de réussir donc je procrastine » (ndlr: évidemment ceci n’est pas la vraie retranscription, j’ai adapté pour illustrer mais le fond y est).

Vos peurs peuvent être diverses et variées. Peur d’échouer, peur de réussir, peur de mal faire, peur de blesser, peur d’être vulnérable… Il y en a pour tous les goûts.

Ainsi, la question à se poser n’est pas « Comment ne plus procrastiner ? » mais bien « Pourquoi je procrastine ? ».

Comme évoqué dans l’article sur le flow, plus vous vous détachez des résultats en vous concentrant sur la réalisation de la tâche elle-même, plus vous la rendrez facile.

J’ai vu des personnes procrastiner leur vie entière. Par peur d’avoir cette conversation conflictuelle. Par peur du regard des autres. Par peur de se retrouver dans des situations inconfortables car inhabituelles.

Cette semaine, j’avais donc envie de te faire passer le message suivant : ne reste pas spectateur.rice de ta vie. Confronte-toi à tes émotions négatives et stressantes en cherchant les raisons profondes de ton inaction. Parce que si tu ne le fais rapidement, tu devras les gérer plus tard, puissance 1000, les regrets en plus.

Connais-toi.

Comprends-toi.

Pardonne-toi.

Aime-toi.

Sans doute le meilleur programme en 4 étapes pour être en paix avec toi-même, les autres et vaincre la procrastination.

Let’s introspect ✨

Aloïs