Cher.es vous,

Cette semaine, j’avais envie de vous parler de l’importance d’être soi-même.

Sublime tes faiblesses

Quand on lance son business, la tentation est grande de vouloir lisser ses imperfections pour répondre aux codes du marché et se hisser à hauteur de la concurrence. Pourtant, une part de nous aimerait pouvoir laisser notre spontanéité et notre authenticité s’exprimer, mais ces deux-là nous embarrassent autant qu’un.e enfant dans un magasin de porcelaine.

Je vous propose d’aborder la problématique de la même façon que si vous vous rendiez à un date : vous avez envie de plaire mais pas de vous déguiser non plus. C’est ce que j’appelle le dilemme de Bridget Jones : jolie culotte ou joli ventre ?

Je m’explique en m’adressant à la gente féminine : si votre rendez-vous se conclut – sur un malentendu – à l’horizontale, vous vous serez reconnaissante d’avoir opté pour votre ensemble adoré de Victoria’s Secret. Le paradoxe étant, que si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté pour atteindre cette happy end, vous devriez plutôt porter l’immonde culotte gainante couleur chair, certes best-seller auprès des +70ans, mais qui fait disparaître miraculeusement votre estomac (entre autres).

Même si je ne remercierai jamais assez Wonderbra d’avoir rendu mon adolescence si douce (😇), je revendique désormais mon appartenance à l’équipe n°1 : il faut assumer ses imperfections. Évidemment, vous embarquerez moins de monde (on ne va pas se mentir), mais cette stratégie fera office de sélection naturelle : celles et ceux qui vous suivront, le feront pour ce que vous êtes et non pas pour ce que vous prétendez être. Ne jamais oublier que dans l’entrepreneuriat, 100 fans absolus valent bien plus que 1’000 personnes qui qualifient de « sympa » ce que vous faites.

Vulnérabilité >< Fragilité

J’ai réalisé plusieurs podcasts Vécus pour Ticket for Change et mon dernier invité était Anthony Bourbon, le fondateur de Feed. Ce type dégage une confiance en lui – arrogance diront certain.e.s – incroyable mais le fait est qu’il a construit tout le storytelling de sa marque autour de son histoire personnelle, pourtant atypique dans le milieu start-up. Issu d’un milieu modeste, son père était violent, sa mère dépressive, le jeune homme s’est retrouvé à la rue dès ses 16 ans et donc impliqué dans toutes sortes de magouilles plus ou moins légales pour s’en sortir. Que ses dires soient véridiques ou non, ce n’est pas vraiment le genre d’histoire personnelle qu’on a envie d’exhiber. Lui au contraire, est parfaitement à l’aise, quand il sous-entend qu’il ‘récupérait’ des téléphones tombés du camion et qu’il était la figure locale de revente de scooters.

En préparation de nos échanges, je m’étais intéressée à ses nombreuses interventions médiatiques et j’avais remarqué qu’il s’appliquait à distiller ces détails, pourtant peu reluisants, à chaque interview. Lui-même attribue le succès de Feed à sa personnalité clivante assumée, le tout propulsé par un plan marketing et de distribution bien ficelé. Une parfaite illustration que vulnérabilité n’est pas synonyme de fragilité, au contraire.

J’ai cherché un exemple féminin similaire, mais je pense que nous avons toutes bien (trop) intégré que le linge sale devait se laver en famille pour oser s’étaler de la sorte sur les facettes peu glamours de notre identité. Et si ce genre de propos émanaient d’une femme, je ne suis pas certaine qu’ils recevraient le même accueil… À tester !

« Mama Doesn’t Cook »

Le nom sous lequel j’ai communiqué à mes débuts. Parlons en d’ailleurs, pourquoi ce nom ? J’avoue qu’il ne me satisfaisait pas entièrement parce que – oui j’ai honte de l’admettre – je trouvais qu’il ne faisait pas assez intellectuelle. Pas assez bobo. Pas assez parisienne qui mange du quinoa, boit des smoothies détox au concombre et ne fait jamais faux bond à ses salutations au soleil matinales.

Alors que j’étais pourtant enthousiaste à l’idée d’être enfin pleinement alignée avec mon projet, j’étais moi-même en train de succomber à l’appel des sirènes de la fameuse gaine tue-l’amour. J’envisageais déjà de me travestir. D’habiller la mariée. De m’excuser d’être ce que je suis. Je n’avais pas encore écrit une seule ligne, que l’envie de me conformer à ce que je pensais que les gens voulaient me happait totalement. Mais d’un, comme je l’ai déjà dit précédemment, il n’est jamais bon de penser à la place des autres -, et de deux, sans authenticité, impossible de tenir sur la durée.

Jusqu’au moment, où j’ai eu un déclic. Et si j’arrêtais de me faire des nœuds au cerveau et que je me contentais d’être moi ?

Non, je ne suis pas parisienne, je suis métisse, née à Poitiers d’un père réunionnais et d’une mère métropolitaine. Et oui, j’adore recevoir mais je déteste cuisiner. Donc finalement, Mama Doesn’t Cook, certes, ça ne sonnait pas vraiment intelligentsia parisienne, mais au moins ça me ressemblait.

Jouer avec ses propres cartes

Dans la vie comme au poker, si vous vous retrouvez avec une main pas terrible, vous n’avez pas d’autres choix que de jouer avec vos cartes. Et je pense que c’est vraiment ça, le « truc » : il faut accepter d’avoir été mal servi.e. Donc plutôt que d’essayer de sortir discrètement une carte de votre manche (ce que le croupier remarquera en moins de temps qu’il vous faudra pour la jouer), se résigner – dans le bon sens du terme – et réfléchir comment faire au mieux, avec ses propres atouts.

Quand je regarde toutes les entrepreneures françaises que j’adore et que j’érige en rôles modèles, je me rends compte que la plupart ont réussi à faire décoller leur boîte avant d’avoir des enfants, comme Céline Lazorthes, ou que d’autres n’en ont pas du tout (Axelle Tessandier, Pauligne Laigneau, Alice Zagury…).

Pendant un temps, j’ai beaucoup envié leur liberté et leur temps. Avant, finalement de comprendre que je prenais le problème à l’envers. Ce n’est pas parce que je ne peux pas faire un copier/coller exact de leur vie dans la mienne, que je ne suis pas capable de mener des projets aussi inspirants que les leurs. Je dois juste manœuvrer à ma façon en me servant de ma propre singularité.

Et surtout, si j’arrête de faire preuve de mauvaise foi (ce qui ne m’arrive pourtant que très rarement 😝), des femmes successful et mamans, je peux en trouver un paquet. Mais mon cerveau, aveuglé par mon biais de confirmation, était bien trop occupé à me donner des excuses pour ne pas me lancer.

« On est tous différents. On a tous plein de talents ». Ces deux phrases sont un extrait d’un « P’tit Loup » pour lequel Iris voue une obsession ces derniers jours mais qui se prête parfaitement au message que j’avais envie de faire passer dans ce post.

Plus tu seras aligné.e avec ce que tu fais et plus tout te semblera facile. Donc assume qui tu es, d’où tu viens, tes forces, tes faiblesses, tes aspirations, tes besoins, et même (et surtout) tes bizarreries. Le full package. Embrasse ta vie en somme, et sois en fière. Assez pour construire ta marque comme un prolongement de ta personnalité.

Et tu verras. C’est tellement apaisant, d’être soi.

Let’s be authentic 🙌

Aloïs