Cher.es vous,

En tant qu’êtres humains et spécialement en tant qu’entrepreneur.es, notre état émotionnel est en mouvement perpétuel, passant de Beyoncé au Super Bowl à Britney dans sa période rehab et crâne rasé selon les jours (ou les heures pour les plus sensibles d’entre-nous). Et parfois, on ne va pas se mentir, la remontada peut mettre un peu plus que 90 minutes !

Cette semaine, je vous propose donc des pistes pour partir à la recherche de votre mojo, lorsque ce dernier est en perdition.

Mais t’es sûre que ça va ?

On a tous et toutes une question « talon d’Achille » qui nous fait craquer dès qu’on l’entend quand on n’est pas en grande forme. Le problème avec une sensibilité exacerbée comme la mienne, c’est que je suis incapable de retenir mes larmes quand un illustre inconnu remporte le dernier dico Larousse dans “Questions pour un Champion”. Je vous laisse donc imaginer l’ouverture des vannes quand – alors que j’étais doucement mais sûrement en route vers la crise d’angoisse – mon mari m’a simplement posé la question « ça va ? ». Autant vous dire que ce n’est pas du beurre mais bien du sel que j’ai rajouté en quantité dans mes épinards de samedi midi.

Ce week-end, j’étais fatiguée. Stressée. Saturée. Sous l’eau. Surchargée. Accablée. Dépassée par les événements. J’avais l’impression d’être debout sur une plage, impuissante, les yeux écarquillés face à un immense tsunami que je savais ne pas pouvoir éviter.

J’avais initialement planifié une to-do à rallonge et des rendez-vous importants. Seulement, ma fille de trois ans étant placée en quarantaine pendant 10 jours car « cas contact » de la maladie dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom depuis mercredi dernier, je n’ai pas pu avancer comme je l’aurais voulu. L’idée de devoir encore me débattre durant la semaine à venir me faisait totalement paniquer. Quand votre fantasme ultime se résume à une semaine en couvent dans la Creuse à dormir, sans devoir réfléchir ou adresser la parole à quiconque, vous vous rendez compte que vous avez atteint vos limites.

Non, l’alcool, la drogue ou le Xanax ne peuvent pas être considérés comme des solutions adaptées !

Si l’envie de vous mettre en PLS dans le lit cabane de vos enfants devient irrépressible, voici quelques astuces concrètes qui m’ont (un peu) soulagée ces derniers jours :

  • Respirer. J’ai observé qu’en période de stress, je bloquais inconsciemment ma respiration. Sauf qu’en apnée, notre cerveau est beaucoup moins irrigué. Déjà que son fonctionnement n’est pas toujours optimal en temps normal, évitons de s’en rajouter une couche 🙃. Donc inspiiiiirez, expiiiiirez. Youtube et Petit Bambou (entre autres) regorgent d’exercices de cohérence cardiaque ou autres méditations qui permettent de réguler son anxiété (ou pas).
  • Bouger. Yoga, fitness, running… Ce qui vous fera plaisir. Pour moi, le plus libérateur est la danse. Je me visse un casque sur les oreilles avec mes titres préférés et j’improvise des chorées à la Yanis Marshall entre mon hall d’entrée et ma cuisine. Passés deux ou trois Booty Shake, ça va déjà mieux. Le mouvement permet de reprendre le contrôle de notre corps, de nos émotions et d’apaiser nos mœurs.
  • Ecrire. Je vous en reparlerai certainement mais je suis une vraie adepte du journaling. Cet exercice permet de vider sa tête et de clarifier votre esprit. Lorsque vous avez une pensée négative qui tourne incessamment dans votre tête, en la couchant sur papier vous comprendrez finalement que ce ne sont pas 1001 problèmes qui rendent votre vie misérable mais seulement un ou deux que vous vous ressassez en boucle.
  • Parler. Exposer vos problèmes à une amie ou un de vos proches, qui saura vous rassurer et vous accompagner dans la recherche de solutions. Et s’iel peut aussi vous faire rire, c’est mieux !

Ensuite, une fois que vous êtes redescendu.e (un peu), le plus efficace est de prioriser et d’être sans pitié avec le superflu. Servez-vous de la matrice d’Eisenhower et posez-vous la question de ce qui est urgent ET important et commencez par ça. Suivent ensuite les tâches non importantes mais urgentes, si vous ne pouvez pas les déléguer. L’important non urgent attendra, et le non important non urgent doit être systématiquement recalé par les vigiles de votre espace mental. Dans la même veine, vous pouvez aussi utiliser la loi de Pareto, vous concentrez uniquement sur les 20% de vos actions qui vous apportent 80% de résultats et abandonner tout le reste.

Et ne me dites pas que tout ce que vous avez à faire est absolument indispensable. Un rendez-vous client ou prospect, évidemment. Mais si vous devez faire des pâtes au beurre car vous n’avez pas eu le temps de faire les courses ou que vous envoyez votre newsletter avec un jour de retard, ce n’est pas la fin du monde 😝

Les faits sont neutres

Les circonstances sont neutres. Ce sont nos pensées face à ces circonstances factuelles qui, elles, sont totalement subjectives. Ainsi, pour se libérer d’une spirale de pensées négatives, il faut réussir à détacher les faits de nos jugements.

Un exemple pour le fond de la classe qui n’a pas suivi :
Fait 
➡ il pleut aujourd’hui.
Pensée/jugement ➡ il fait un temps de m* aujourd’hui.

Vous seul.e décider de l’interprétation de ce qui vous arrive, donc à vous de chercher le verre à moitié plein. Je sais que ça peut paraître difficile à concevoir selon la gravité des circonstances, pourtant ce travail de réécriture peut s’avérer vraiment utile.

Appliqué à ma situation :
Fait ➡ Je dois garder Iris pendant 10 jours, alors que mon agenda était très serré et que j’avais des échéances importantes.
Pensées ➡ Je suis frustrée car je vais prendre du retard, je ne suis pas sûre de respecter les deadlines et je vais devoir annuler des rendez-vous.
Pensées « pimpées » ➡ Je vais pouvoir passer du temps de qualité avec ma fille et me balader au parc avec elle en pleine semaine. Mes projets et mes dossiers ne vont pas avancer aussi vite que prévus, j’expliquerai ma situation aux parties concernées et je ferai le nécessaire pour rattraper l’indispensable la semaine prochaine.

Nager à contre-courant est souvent le meilleur moyen de se noyer. Laissez-vous dériver et gardez votre énergie pour Pamela et/ou David, selon qui viendra à votre secours.

Le soulagement de l’impermanence

N’ayez crainte, je ne vais pas vous assommer du fameux « let it go » de Frozen, dont nous sommes tous définitivement écœuré.es. En revanche, il est bon de se souvenir que rien n’est pérenne sur le long terme. Les débuts laborieux d’une nouvelle aventure perso ou pro, la privation de sommeil lors des premiers mois de bébé… Mais tout comme les soirées pyjamas avec vos BFF pendant votre adolescence et même – si on pousse le bouchon – notre couple pour 45% des Français.es présent.es parmi nous. Tout n’est qu’impermanence.

Là, vous êtes en train de vous dire que je file vraiment un mauvais coton, mais c’est tout l’inverse ! En se rendant compte du caractère éphémère de tout ce qui nous entoure, on apprécie beaucoup plus le moment présent lorsqu’il est agréable et au contraire, on relativise en période de mauvaise passe.

C’est ce que je partageais avec des amis, jeunes parents, que nous avons vus récemment. Mon mari me reprochait de les avoir complètement déprimés, alors que je lui soutenais au contraire que tout ce dont ils avaient besoin en ce moment, c’était d’empathie. Quand vous dormez l’équivalent de 3/4h par nuit depuis plusieurs semaines, la dernière chose que vous avez envie d’entendre c’est « oui oui certes, mais quel bonheur ! ». J’ai préféré aller dans leur sens et le reconnaître franchement : s’occuper d’un nourrisson c’est épuisant, mais la bonne nouvelle c’est que ça ne dure pas (trop).

Rappel : après la pluie, le beau temps. Donc à moins que vous n’habitiez au-delà de Winterfell, après l’hiver viendra l’été. Et promis, si vous avancez, vous finirez par apercevoir la lumière au bout du tunnel. Mais pour cela, interdit de s’asseoir en tailleur à mi-chemin, ce qui aurait pour seul effet d’alimenter le cercle de la loose dans lequel vous vous trouvez.

J’ai une anecdote très parlante sur le sujet : alors que nous étions chez ma famille paternelle à la Réunion, nous décidons de nous rendre entre cousins/cousines à l’Etang-Salé, une plage sublime de sable noir, en milieu d’après-midi. Le sable nous brûlait littéralement les pieds, nous déposons donc nos affaires à l’orée de la plage, à l’ombre des cocotiers, et nous nous mettons tous à courir jusqu’à la mer. C’est alors qu’un de mes petits cousins, ne supportant pas la douleur, s’arrête en pleurs à mi-parcours, assis sur le sable, se brûlant donc les jambes toutes entières en plus de sa voûte plantaire. Un des grands a fini par se dévouer pour aller le chercher et le porter jusqu’à l’eau. D’où l’importance de continuer même quand tu te sens au fond du sceau, parce que si tu t’arrêtes… Ton calvaire n’en sera que plus long, et dans mon exemple, plus douloureux !

Donc message à celles et ceux qui vivent un petit coup de mou : inspire, expire et fais ce que tu peux. Ne t’inquiète pas, ça ira mieux demain. Et si ce n’est pas demain, ça ira mieux bientôt, promis.

Aloïs

P.S : et vous, c’est quoi vos astuces pour remonter la pente ?