Cher.es vous,

Faire, c’est bien. Mais faire de manière cohérente et constante, c’est mieux. En cette semaine de rentrée, nous allons donc parler du pouvoir de l’engagement.

« Ce n’est pas de ma faute »

Où va-t-on lorsqu’on est seule aux manettes d’un projet dans lequel on ne s’engage qu’à moitié ? Nulle part. Je l’ai appris à mes dépens lors de ma première expérience entrepreneuriale qui s’est soldée non pas par un échec fracassant mais une sorte de mort apathique et latente de mon app avant même sa sortie officielle.

Lorsque j’en ai fait l’analyse post-mortem avec mes proches – et ils étaient rares à être dans la confidence puisque je préférais m’agiter seule dans mon coin, trop terrorisée à l’idée de m’exposer – mes propos ressemblaient à des fausses excuses du type « oui bon ça n’a pas marché mais je n’ai pas vraiment essayé non plus ». Le pire, c’est que je n’avais pas tort : mon égo ayant tellement peur de l’échec, j’ai préféré me lancer passivement plutôt que de m’investir complètement et de manière assumée dans l’aventure.

Face à ce constat, je me suis souvenue d’une anecdote de mon enfance, assez similaire : lorsque je faisais de la gymnastique, une de mes amies était constamment blessée avant chaque compétition importante. Non pas qu’elle chutait ou s’estropiait d’une quelconque façon, mais elle avait toujours un mal de dernière minute qui nécessitait une genouillère ou autre strapping sur l’une de ses articulations. Ces douleurs apparaissaient systématiquement la semaine précédant l’échéance, si bien qu’elle était surnommée « la malade imaginaire ».

J’étais loin de penser que j’adopterai le même comportement de défense 15 ans plus tard : nous avions toutes les deux si peur de rater que nous nous cherchions des excuses en amont pour justifier notre contre-performance, qui arrivait implacablement. Nous provoquions la prophétie auto-réalisatrice suivante:

J’ai peur de l’échec ⇒ je fais les choses à moitié et je me trouve des excuses ⇒ je me plante.

Avec le recul, je me rends compte que j’éprouve bien plus de frustration et de regrets parce que je ne me suis pas donnée les moyens de mes ambitions qu’envers le flop lui-même.

Supprimer la fatigue de l’indécision

“Once I made a decision, I never thought about it again” dit Michael Jordan. Et il a bien raison car cela nous évite les tergiversations qui peuvent suivre les prises de décisions difficiles. L’engagement inconditionnel permet de supprimer cette fatigue décisionnelle.

Dans la même veine, l’auteur Benjamin Hardy nous suggère qu’il est plus facile de s’engager à 100% qu’à 97% puisque dans le second cas, vous pouvez toujours vous servir de la petite marge restante pour ne pas agir, ce qui est source de charge mentale et de conflits intérieurs. Admettons que vous ayez pris la décision de faire du sport régulièrement. S’il ne s’agit pas d’un engagement conscient absolu, à chaque baisse de motivation – et elles seront nombreuses – vous vous poserez des questions du type : « est-ce que j’ai vraiment le temps d’y aller aujourd’hui ? », ou « il pleut, je vais attendre ce soir », ou encore « pffiou, je suis trop fatiguée, j’irai demain ».

Quand vous êtes à 100%, la question ne se pose pas. Vous y allez sur les créneaux déterminés, no matter what. Me concernant, j’ai décidé d’écrire deux articles par mois, même si ce n’est que trois lignes. Point. Ainsi, même si mon agenda ne semblait pas me le permettre, je ne pouvais pas faire l’impasse aujourd’hui.

La complexité se fait une joie de venir saborder notre motivation – relativement limitée – charge à nous de rendre les choses les plus simples et les plus évidentes possibles pour déjouer ses pièges.

Skin in the game

Souvent, ce qui différencie les personnes qui ont envie d’entreprendre de celles qui le font vraiment, c’est une expérience de « point de non-retour », qui prend généralement la forme d’un investissement financier dans leur objectif.

C’est ce qui explique d’ailleurs que vous accomplissez beaucoup plus durant les trois derniers mois de vos allocations chômage que pendant toute l’année écoulée précédente. Parce que vous n’avez plus le choix, vous devez absolument générer des revenus. Vous êtes “skin in the game”: soit ça marche, soit vous n’avez plus rien, vous êtes donc obligée d’agir.

Ben Hardy raconte à ce propos qu’il avait interviewé un entrepreneur de 17 ans qui souhaitait lancer un site e-commerce de chaussures. Il avait réuni toutes ses économies pour commander pour 10’000$ de baskets. Son point de non-retour est apparu lorsqu’il a eu son garage rempli de sneakers : à ce stade, il ne pouvait plus les retourner, il se devait donc de les vendre et rapidement avant que ses parents ne craquent et ne balancent tout dehors.😅 C’est à ce moment que son identité s’est modifiée puisqu’il a pris conscience qu’il gérait un commerce en ligne pour de vrai et qu’il a commencé à agir comme un dirigeant.

Comme évoqué dans ce post, lorsque le changement s’opère au niveau de votre identité… Tout se met en place.

Coming out

Tout ça pour dire que cette fois-ci, je la joue différemment: j’ai investi dans des formations de coaching et autres thérapies brèves (et je continue) pour pouvoir proposer des accompagnements structurés et transformationnels, je communique largement à travers ma newsletter et sur les réseaux sociaux (y compris sur Linkedin et à ma grande surprise, mes anciens CFO valident 😎) et je provoque le plus d’opportunités possibles en parlant de mon activité dès que j’en ai l’occasion. Je m’engage à 200%.

Pour l’avoir vécu, on se fait tout un monde de l’échec mais finalement ce n’est pas si terrible. La frustration est bien plus amère. Je préfère donc me planter en beauté et sans regret, plutôt que d’échouer sans panache, en subissant un voyage que j’aurais pourtant choisi.

A travers ces quelques lignes, j’aimerais vous encourager à faire de même : quelque soit le projet, le poste ou même la relation que vous envisagez… Investissez-vous à fond. Ne soyez pas dans l’ego. Ne soyez pas dans cet espace d’à-peu-près, de moyen, de presque, de pas tout à fait, de gris, de peut-être. Soyez dans la joie, dans la vie, dans le mouvement, dans l’engagement.

Et vous pourrez ainsi rassurer votre égo qui s’emploie à dégainer les alertes et autres fumigènes de peur : l’échec n’existe pas lorsque vous vous engagez vraiment.

Let’s commit ✨!

Aloïs